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Convention citoyenne sur l'IA en Belgique (2024)

Pays

Belgique

Organisation

Présidence belge du Conseil de l'Union Européenne

Date initiale

01-01-2024

Période

Première partie de l'année 2024

Date finale

31-07-2024

Type d'expérience

budget participatif planification participative conseils votation ou référendum assemblées/jurys citoyens réglementation et législation

Thème

gouvernance et transparence décentralisation développement local réglementation juridique inclusion sociale citoyenneté

ODD

SDG 4 SDG 9 SDG 10 SDG 16 SDG 17

À l'occasion de la présidence belge du Conseil de l'Union Européenne (1er décembre 2023 – 30 juin 2024), un panel citoyen innovant a été mis en place pour réfléchir à l'avenir de l'intelligence artificielle (IA) en Europe. Cette démarche, pilotée par le Service public fédéral " Affaires étrangères ", s'inscrit dans une dynamique participative de plus en plus forte en Belgique.  Pour la première fois dans le cadre d'une présidence européenne, soixante citoyennes et citoyens belges tirés au sort ont été réunis pour débattre pendant trois week-ends au Palais d'Egmont à Bruxelles. Leur mission a été de développer une vision collective sur les enjeux sociétaux, éthiques et politiques liés à l'IA, dans un contexte de régulation européenne en plein essor. L'initiative ne visait pas à produire des recommandations techniques, mais à faire émerger une vision citoyenne ambitieuse et inclusive, susceptible d'orienter la stratégie européenne sur l'IA pour la période 2024-2029.

Objectifs

Le principal objectif de cette initiative était de donner aux citoyennes et citoyens l'opportunité d'influencer concrètement les décisions européennes en matière d'intelligence artificielle. En mobilisant un échantillon représentatif de la population (60 personnes), le panel visait à intégrer des points de vue diversifiés dans un débat souvent réservé aux experts. 

L'intelligence artificielle, technologie omniprésente et en mutation permanente, soulève des défis majeurs pour les droits fondamentaux, la gouvernance, l'emploi et l'environnement. En sollicitant une vision citoyenne sur ce sujet, la Belgique a voulu illustrer son engagement envers une démocratie délibérative capable d'accompagner les changements technologiques. Le panel entendait également renforcer la légitimité démocratique de la nouvelle réglementation européenne sur l'IA en s'assurant que les préoccupations des citoyens soient bien prises en compte.

Participants

La composition du panel a été soigneusement élaborée pour refléter la diversité de la population belge. Sur 16 200 invitations envoyées à travers le pays, plus de 1 000 personnes ont exprimé leur intérêt à participer. Soixante d'entre elles ont été sélectionnées sur la base de critères sociologiques et démographiques : parité de genre, diversité linguistique (60 % néerlandophones, 40 % francophones), milieu urbain/rural, classes d'âge (avec une attention particulière pour les primo-votants en 2024), professions variées, et origine maternelle. 

Ce panel reflétait ainsi un microcosme du pays, avec des citoyens issus de tous horizons. L'objectif était d'assurer une représentativité maximale afin que les débats soient riches, inclusifs et porteurs de points de vue souvent absents des discussions politiques traditionnelles.

Description

Ce panel citoyen sur l'intelligence artificielle s'est déroulé dans un contexte européen marqué par l'adoption du tout premier cadre réglementaire global sur l'IA : le règlement européen sur l'IA entré en vigueur en août 2024. Ce texte pionnier, fondé sur une approche graduée des risques, entend concilier innovation technologique et protection des droits fondamentaux. C'est dans cette perspective que le panel a été organisé : fournir un contrepoint citoyen à une nouvelle législation, en apportant des réflexions sur ce qui est désirable ou non dans le développement futur de l'IA.

Les participants, encadrés par des facilitateurs expérimentés et éclairés par des experts reconnus, se sont réunis trois fois au Palais d'Egmont. Malgré une connaissance initiale souvent limitée du sujet, ils ont exploré en profondeur des thèmes cruciaux : sécurité, éthique, emploi, environnement, souveraineté technologique, impact démocratique. Le débat était structuré mais libre, ouvert à toutes les opinions, ce qui a permis à chacun de contribuer activement. 

Le fruit de ces discussions fut la formulation de neuf messages clés structurants. Parmi eux : 

  • La nécessité impérative de maintenir un contrôle humain dans toutes les décisions prises par une IA (le principe du " human in the loop ")
  • Une alerte sur les deepfakes (hypertruckages) considérés comme bien plus dangereux que ce que prévoit la législation actuelle
  • L'appel à une IA " inclusive, éthique et respectueuse de l'environnement "

La vision citoyenne issue de ce panel a été saluée tant par les autorités belges que par les institutions européennes. Elle a été officiellement remise lors d'un événement de clôture le 25 mai 2024, en présence de responsables politiques, de représentants de la société civile et du secteur privé.

Le Premier ministre belge, la ministre de l'Intérieur et des représentants de la Commission européenne ont exprimé leur volonté de tenir compte des conclusions du panel dans la définition des politiques futures. Cette initiative a non seulement permis de renforcer le lien entre institutions et citoyens, mais elle a aussi prouvé que les citoyennes et citoyens sont capables de s'approprier des sujets complexes et de produire des visions politiques éclairées. Elle marque une étape significative dans l'évolution des pratiques démocratiques en Europe et ouvre la voie à une meilleure intégration de la parole citoyenne dans la gouvernance des technologies émergentes.

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